jeudi 19 novembre 2009
Eviter la recopie des devoirs en temps libre
- Tu n'as pas fait l'exercice 2
- Ben non j'ai rien compris
ou encore" je ne savais pas qu'on ne pouvais pas rendre un devoir pour deux", et je passe toutes les erreurs grossières qui se reproduisent à l'identique et se répandent sur près de la moitié des copies, sans compter le produit parfait fourni par le professeur particulier.
Bilan de l'histoire, j'ai par exemple noté que lors de l'avant-dernier devoir en temps libre, que près de 70% des copies avaient des éléments communs dont près de la moitié qui étaient presque identiques en tout point. Près de la moitié aussi regorgeaient de ce type d'erreurs qui font bondir et que l'on ne peut pas laisser passer, cela d'autant plus lorsqu'il s'agit de simples recopies et de classes scientifiques.
J'ai rendu ce devoir et en ai profité pour mettre en place un "contrat" que j'ai décrit brièvement et ai accentué sur la démarche scientifique. Les élèves ont donc accepté à la suite de la présentation le contrat dans lequel je m'engageais à valoriser non pas seulement le contenu mais surtout l'engagement dans la résolution des problèmes, l'explication des points de blocage, l'affirmation des zones de certitudes... bref autant de points qui bien souvent restent tus. J'ai aussi fait remarqué que l'entraide entre élèves était possible et même souhaitable mais que la source d'informations était dépositaire aussi de la démarche scientifique et qu'à ce titre elle ne pouvait ni ne devait transmettre une information dont elle n'était pas certaine, ni un contenu sans avoir vérifié que son lecteur l'avait bien compris. De son coté le lecteur devait avoir nécessairement compris ce qu'il écrivait ce qui devait théoriquement interdire la majorité des "copier-coller au mètre".
Le devoir en temps libre suivant n'était pas du tout de la même nature que le précédent. La lecture y était beaucoup plus agréable, la sensation de production personnelle était bien plus flagrante. Seuls 25% des élèves n'avaient pas respecté le contrat et seulement quatre de façon flagrante. deux élèves ont fait un copier-coller intégral avec les fautes d'orthographe et deux autre ont fait un devoir pour deux.
J'attends de lire le résultat de l'établissement de ce contrat sur les travaux de classe et j'espère un effet à long terme.
mardi 10 novembre 2009
Sept habilétés nécessaires aux élèves
Tony Wagner, directeur du Change Leadership Group de la faculté d’éducation de l’Université Harvard, affirme que l’école néglige les habiletés nécessaires à la réussite, trop obsédée qu’elle est par l’évaluation (eSchool News : Seven skills students desperately need). Dans son livre The Global Achievement Gap, Wagner identifie sept habiletés et compétences aujourd’hui essentielles :
1. la résolution de problèmes et la pensée critique;
2. la collaboration en réseaux et le leadership d’influence;
3. l’agilité et l’adaptabilité;
4. l’initiative et l’entrepreneuriat;
5. la communication orale et écrite;
6. la recherche et l’analyse d’information;
7. la curiosité et l’imagination.
Source: François Guité
jeudi 5 novembre 2009
Mise en place d'un contrat "PASSE" de motivation avec les élèves
Je ne pense pas qu'il soit bénéfique de présenter un modèle d'engagement et de motivation( comme celui que j'ai adapté pour moi et que j'ai nommé PASSE), même sous sa forme contractuelle en début d'année scolaire. Les élèves peuvent ressentir cela comme le premier manque de confiance envers eux et être contre-productif. Le retour des vacances de la Toussaint me semble être un nœud assez fort dans le système scolaire. Les présentations ont été faites aussi bien en termes de personnes que de méthodes et d'attentes. Les premières habitudes sont prises, bonnes ou mauvaises, du coté élève et professeur. L'idée est de poursuivre la relation par un (quasi)contrat synallagmatique de motivation qui me semble très porteur de sens.
Le discours ne doit pas arriver comme un cheveu sur la soupe et l'occasion de l'introduire doit être suffisamment forte pour marquer les esprits ( devoir non réussi, recopiage en série, travaux bâclés, méthodologie non respectée, problème dans la classe...), les occasions ne manquent pas ou si c'est le cas, d'une part le contrat de motivation n'est-il pas utile ou s'il l'est peut-être est-ce l'occasion de se demander s'il n'y a pas de problème dans la classe.
Par exemple , en ce qui me concerne, j'ai profité de l'occasion de devoirs maison, dans mes différentes classes, qui étaient un peu trop proches les uns des autres, pour établir la liste de mes engagements vis à vis des élèves et leur rappeler-énoncer les leurs.
Comment le présenter?
Il est fondamental de déconnecter le discours sur le contrat des notions de performance et de notation des contenus mais de le centrer sur une attente forte de la discipline. Par exemple, pour les mathématiques, recopier un devoir sans comprendre, à la volée, ou au contraire donner son devoir à un camarade, à des fins de recopie, sans réserve sur les résultats avancés, violent l'obligation de s'engager dans une démarche scientifique et ne me permettent pas en retour d'évaluer correctement leur production (qui n'est pas seulement les résultats). Il est bien entendu qu'il faut que dans ce cas, je m'engage à ne pas évaluer uniquement ces résultats mais aussi les efforts, les preuves de cohérence et de lucidité, l'adoption d'une démarche scientifique, les progrès... Chaque enseignant peut extraire de sa discipline un point central qu'il fait ressortir de façon concrète afin d'ancrer le message du contrat et permettre le débat et surtout l'adhésion.
Le contrat PASSE de motivation est dynamique, il laisse de l'autonomie aux élèves tout en les responsabilisant. Il fait ressortir un engagement réciproque. C'est du donnant-donnant.
Le P correspond aux Positions, principalement celles dont l'enseignant est l'incarnation, qu'elles soient de nature intellectuelles ou physiques. Je ne vais pas détailler le contenu de chacun des items, mais on peut dans ce P définir ses valeurs personnelles, dégager un discours sur l'effort, l'engagement dans ses attitudes et ses apprentissages, sur le dépassement de soi, sur l'attitude en classe, tout en le découplant de l'idée de performance et de production de résultats attendus. L'important est le cheminement et surtout de ne pas transgresser à la première occasion venue le contrat.
On peut attacher toute demande envers l'élève avec une obligation de l'enseignant. Par exemple de faire bénéficier d'un soutien appuyé (encouragements, valorisation), chacun qui s'engage fermement sur le chemin du contrat. Si ce point est réalisé l'enseignant s'engage sur le S du Soutien.
En ce qui me concerne, j'ai mis en place une évaluation positive et dynamique sur des compétences et pas seulement sur la production de résultats attendus. J'ai adopté cette notation avant d'exercer une demande auprès des élèves et cet ordre me parait capital. Par contre, pour des travaux "classiques" de synthèse, je reviens à une notation plus traditionnelle avec un barème fixé. Je m'engage donc fortement sur le E de l'Évaluation.
Une synthèse:
Pour faire un résumé, je dirai que l'enseignant s'engage fortement sur les actes et l'élève s'engage symboliquement dans une démarche. Le rappel exercé par l'enseignant n'est plus un rappel à la loi mais un rappel symbolique sur des valeurs communes et l'élève garde à tout moment la main pour dénoncer le non-respect du contrat moral qui lie les deux parties. D'un autre coté, si l'une des deux parties se désengage, elle ne peut plus faire valoir l'application de ce contrat.
Réflexion personnelle
J'ai lu beaucoup de livres sur la psychologie et sur l'enseignement. D'une façon générale toutes les hypothèses et théories avancées, si elles ont cela en commun de pouvoir être très pertinentes et parfois être de belles constructions intellectuelles, elles ont souvent aussi comme revers, d'être difficilement exploitables en l'état et au quotidien devant une classe. On tombe vide sur la difficulté d'établir un dialogue groupe/individu. Aussi, l'apport théorique doit être suffisamment concret. Il doit de plus être retravaillé par l'enseignant pour qu'il se l'approprie. Sans cette dernière opération, il y aura toujours un décalage trop visible entre le discours ou les pratiques de l'enseignant (qui ne s'engage pas en se réfugiant derrière une théorie lointaine et abstraite) et l'élève à qui un "on" indéfini fait l'injonction d'adhérer au contrat, par la simple obligation d'adhérer à une vérité qui viendrait de l'extérieur. Il n'existe donc pas de ce fait, de voie qui n'engage pas frontalement l'enseignant, s'il veut accompagner, avec des principes forts et sincères les élèves, sur la voie de l'apprentissage et de la motivation.
Quelle place pour les Tices dans ce contrat?
Je pense qu'il faut distinguer deux types d'usage des Tices. Ceux qui sont disciplinaires et ceux qui sont communicationnels.
A titre personnel, je suis convaincu de la modification, à moyen terme, des objets de pensées par l'apport des nouvelles technologies, dans le domaine de l'information, de la communication et de leur représentations. L'usage des Tices me parait donc important pour présenter de façon "post-moderne" quelques éléments disciplinaires. Cependant, en termes de motivation, je pense que c'est le versant "communicationnel" des Tices qui me parait fondamental et le plus motivant. L'utilisation d'un blog, d'un système de micro-blogging ou d'un wiki peuvent médiatiser et rendre possibles et visibles des interactions qui ne l'étaient pas auparavant entre élèves et professeur.
L'usage des Tices est donc dual puisqu'il revêt une composante technique et une autre communicationnelle. Les deux ne peuvent et ne doivent pas être confondues et peuvent entrer de façon différente comme source de motivation. L'aspect communicationnel me parait central car l'espace et le temps de la classe peuvent être modifiés, ce qui fait apparaitre une nouvelle réalité très enrichissante et motivante ainsi qu'un soutien supplémentaire renforçant ainsi le S du contrat.
mardi 3 novembre 2009
Un modèle personnel de motivation scolaire: PASSE
J'y ai ajouté quelques points qui me paraissaient centraux .
La carte heuristique du modèle PASSE.
le modèle PASSE de motivation scolaire
lundi 2 novembre 2009
A. Bandura. Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelle
Présentation du livre en PDF
De nouvelles perspectives, dans de très nombreux domaines de la vie quotidienne, grâce à la théorie de l'auto-efficacité
Fruit de très nombreuses recherches relatives à l'impact du sentiment d'efficacité personnelle sur la vie quotidienne des individus, cet ouvrage propose une synthèse majeure sur les représentations que les hommes ont de leur capacité d'agir avec efficacité, par l'influence sur eux-mêmes et sur leur environnement.
L'auto-efficacité agit comme un mécanisme autorégulateur central de l'activité humaine. La confiance que la personne place dans ses capacités à produire des effets désirés influence ses aspirations, ses choix, sa vulnérabilité au stress et à la dépression, son niveau d'effort et de persévérance, sa résilience face à l'adversité...
On découvre notamment dans cet ouvrage comment le sentiment d'efficacité personnelle peut modifier le fonctionnement immunitaire et la résistance à la douleur chez des patients, réduire voire éliminer des troubles aussi divers que les phobies, la dépression, les troubles alimentaires (anorexie et boulimie), l'alcoolisme et la toxicomanie, permettre à des élèves issus de milieu défavorisé d'obtenir de bons résultats scolaires, influencer le choix professionnel, aider à vaincre des difficultés apparemment insurmontables.
Cet ouvrage s'adresse aux étudiants des 2e et 3e cycles en psychologie. II intéressera également les psychologues cliniciens, les pédagogues et les sociologues, de même que les responsables en management.
A propos de l'auteur :
Albert Bandura est Docteur en psychologie. Il enseigne à l'Université de Stanford. Initialement influencé par le courant behavioriste, il se détourne ensuite radicalement de celui-ci en soulignant dans ses recherches l'importance des facteurs cognitifs et sociaux. Il est actuellement l'un des chefs de file du courant socio-cognitiviste en Amérique du Nord.
Éditions De Boeck Université
Le sentiment d'auto-efficacité
La motivation en contexte scolaire
Pourquoi certains élèves démontrent-ils si peu de motivation à apprendre ? Que faire pour remédier à ce problème et comment préserver la motivation de ceux qui sont motivés ? C’est à ces questions que cet ouvrage désire répondre. Il s’adresse à tous les intervenants dans les milieux scolaires et aux étudiants qui se destinent à être les enseignants de demain. Il a pour but de les aider à mieux comprendre la motivation des élèves afin de mieux intervenir.
La première partie de l’ouvrage présente les mécanismes de la motivation à apprendre en contexte scolaire. Les sources de la dynamique motivationnelle de l’élève et ses manifestations au cours de l’apprentissage y sont analysées. De plus, les facteurs liés à la classe sur lesquels un enseignant peut agir pour susciter la motivation des élèves y sont explorés. La deuxième partie se veut encore plus pratique. Elle propose au lecteur des instruments pour mieux cerner les problèmes de motivation des élèves ainsi que des stratégies d’intervention pour agir sur ces problèmes. Cette partie se termine par une réflexion sur l’apport des technologies de l’information et de la communication (TIC) en ce qui concerne la motivation à apprendre.
Le présent ouvrage a l’avantage de s’appuyer sur de nombreux travaux de recherche francophone et sur des comptes rendus d’expériences vécues par les enseignants.
Le modèle CLASSE - Présentation
Conceptions
Latitude
Ambiance
Situations d'apprentissage
Soutien
Évaluation
Les textes explicatifs par Appui-Motivation
